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Prévert,
un gavroche pas toujours bien aimé
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| Qui
d'entre nous n'a pas eu affaire, à quelque moment de sa propre vie
enfantine, estudiantine ou encore professorale, à une poésie de Prévert.
Comme notre table des multiplications, nous avons tous en tête la
page d'écriture, le
cancre a fait sentir
un peu moins seul les galériens de l'école, quant à Barbara poème
un peu plus engagé c'est durant les années adolescentes où la contestation
était de mise pour ne pas dire de masse qu'on l'aura lu et relu et
peut-être appris, et le mécréant qui n'a jamais récité de Pater
noster ne pourra ne pas se rappeler
les quatre premiers vers du poème homonyme. On ressortira le Déjeuner
du matin dans des moments de tristesse ou simplement pour
exalter le rythme dans la scansion des vers. Qui oserait aujourd'hui
douter de la génialité d'un auteur classé premier poète du siècle?
Sachez pourtant que même les plus grands se sont mépris sur son compte,
de Louis Aragon à Claude Mauriac en passant par Albert Camus, tous
ces " gendelettres ", hommes géniaux canonisés par la critique officielle,
n'ont pas hésité à traiter notre Gavroche sans ménagements. Jamais
poète n'aura été plus près de nous, plus près des enfants et il fallait
qu'on nous le démolisse! Vous direz peut-être qu'on a bien pourfendu
Baudelaire ? |
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Il
est vrai qu'on ne naît pas grand mais qu'on le devient parfois contre
les tonnerres de Brest et les cris de putois (hommage à un autre grand)
mais tout de même, nous le traiter de " clown lyrique ", de " guignol
du pavé qui se prend pour Goya ", de " Béranger du métro ", c'est
un peu fort, vous ne trouvez pas ? A moins que l'on doive prendre
comme un compliment de l'avoir targué de " premier Beurrre-Œufs-Fromages
de la littérature contemporaine " ? On n'y a pas été de main morte
non plus quand on a considéré son populisme "attendrissant à
en pleurer, tellement c'est cliché, chiqué et recopié sur les plus
bêtes des feuilletons les plus roses ". C'est comme si on disait aujourd'hui
que Prévert c'est du Arlequin ante litteram !!… Auriez-vous cru que
l'auteur de je suis comme je suis / je suis fais comme ça (version
originale s'entend, non modifiée par les stagiaires) aurait
suscité autant de fiel à son égard? Par bonheur, il n'avait pas que
des ennemis. Et c'est justement à travers ses amis, ceux qui lui ont
été chers, ceux qui l'ont apprécié en écrivant sur lui et c'est aussi
à travers nos rencontres parolières plus que littéraires que nous
voulons lui rendre hommage en ce centenaire de sa naissance : une
façon comme une autre de tirer, nous aussi, notre chapeau à l'homme
au béret et à la cigarette !
m@ri@ pappalardo
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Toutes
vos contributions sur le thème de Prévert seront bien accueillies,
envoyez-nous un mél à l'adresse cyberjournal@caramail.com
ou laissez-nous vos articles et vos fiches d'activités pédagogiques...
saisis sur disquette à m@ri@, au service de la doc.
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