LE JOURNAL DU BELC 2000

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DIDACTIQUE

A LA UNE

 

PREPAREZ -VOUS : ACCROCHEZ VOS CEINTURES !

 

250 h ou 15 heures, qui dit mieux ?


Dans le module " Didactique à la une ", l'animatrice nous a proposé de faire un véritable travail de méthodologue : reconstituer les consignes d'un document pédagogique (1), une lettre de demande d'information adressée au BICYCLUB DE FRANCE (2), lettre qui nous paraît de prime abord du niveau " DELF A2 ". Notre première tâche est donc de déterminer le nombre d'heures requises pour l'exploitation de ce document de A à Z, c'est-à-dire de la compréhension à la production.


Notre pratique d'enseignants nous a conduits à conclure qu'une telle activité ne pouvait se faire qu'au bout de 150 à 250 heures de langue. Mais au moment de la mise en commun, surprise ! Les consignes du manuel proposent seulement ...15 heures. Bien sûr, il nous a été difficile d'admettre un tel écart, qui ne se justifie que par la différence d'approche avec celle que donne le manuel ESPACE I.
Et vous, collègues des cinq continents, quelle est votre opinion ?

Cette énigme méthodologique nous a amenés à dégager la problématique suivante : comment aborder le lexique en classe de langue au niveau débutant complet ? En effet, cette question nous paraît trop souvent négligée. Alors, chers collègues avez-vous des tours de passe-passe à nous proposer ? Dans le cas contraire, laissez-nous partager avec vous quelques suggestions.

 

Agissons, entrons dans la classe

La première proposition qui nous vient à l'esprit serait de passer par une explication en méthode directe. L'enseignant utilise une langue orale (descriptive et référentielle) pour faire découvrir le sens du mot. Pour cela, il s'appuie sur des supports iconiques ou passe par des gestes. N'oublions pas que le professeur de langue est en constante situation théâtrale. Il doit se faire comprendre de son public en captant son attention aussi bien par des moyens verbaux que non-verbaux. Une telle démarche a néanmoins des limites évidentes, en particulier celle du traitement du lexique abstrait.
Le recours à la traduction pourrait alors donner la solution pour l'accès au sens des lexèmes inconnus. Attention ! ce choix présente aussi un risque, celui de voir l'apprenant devenir esclave de son dictionnaire...
Mais traduire n'est efficace que dans la mesure où l'enseignant gère soigneusement son intervention dans la langue des apprenants.
D'autres procédés tels que les procédés métalinguistiques permettent de surmonter l'obstacle (et bien souvent, la " panique " des apprenants !) : utilisation des synonymes, des antonymes, des mots dérivés et surtout de la mise en contexte. Par exemple, le terme de "faire pression sur" apparu comme titre à la Une du Monde du jeudi 20 juillet 2000 s'explique immédiatement grâce à la redondance du texte : Israéliens et Palestiniens, réunis depuis le mardi 11 juillet à Camp David dans le Maryland, négociaient, mercredi 19 juillet, sous la pression renouvelée du président Bill Clinton.

 

 

Enfin, la dernière proposition demande des médiations de l'enseignant, pour faire apparaître les réseaux de sens dans un document complexe. (...) il faut se souvenir que la compréhension d'une langue n'est pas liée au décodage d'une suite de mots, mais à la perception des relations qui existent entre ces termes (3). Comme l'ignorent nos apprenants (mais pas vous, chers stagiaires !), il est bien sûr beaucoup plus facile de comprendre un texte long qu'un texte court... un texte long, par définition, multiplie les informations, fait apparaître un mot inconnu dans un contexte connu. Bref, la redondance facilite la compréhension.
S'appuyer sur le para-texte, utiliser les indices formels, privilégier une lecture non-linéaire, repérer les mots clefs, identifier le champ lexical, sont autant d'opérations à mettre en place pour faciliter l'accès au sens, à tous les niveaux de l'apprentissage.

Dans l'exemple du " Bicyclub ", une entrée possible se présenterait sous la forme de cadres emboîtés, avec au centre le mot clé -qui a l'avantage d'être en même temps un mot transparent.

 

Ce schéma met en évidence une stratégie d'entrée lexicale dans la compréhension du document : il est important pour nous de signaler d'une part les relations entre les cadres, d'autre part les convergences vers le mot " club ".

- le cadre 4 situe le club dans le temps et dans l'espace (identification du cadre énonciatif).
- le cadre 3 rappelle la structure épistolaire avec la formule d'appel " monsieur " et la formule de prise de congé " merci "(4)
- le cadre 2 présente les termes " documentation, programme et activités " directement liés au club
- le cadre 1 contient le mot clé " club "

Chers lecteurs, voici notre contribution sur l'enseignement du lexique au niveau débutant. Nous restons ouverts à toutes vos propositions sur la question.

 

DE TSHIANGOLO Daniel Duku
MBAYE Alassane
SAMBOU Ephrem

sous la responsabilité de Claire-Lise Dautry,
Université de Franche-Comté.

BELC, Caen, le 25 juillet 2000

 

 

 

 

1) A opposer à un document authentique: toute unité de sens faite par des francophones pour des f'rancophones.

2) Guy Capelle et Noelle, Espaces I, Paris, Hachette, 1990, p.16-17. Il s'agit de la première édition qui presente une double page, alors que la seconde ( Nouvel Espaces, 1995) n'en contient plus qu'une.

3) Francine CICUREL, Lectures interactives en langue étrangère, Paris, Hachette, 1991, p 62.

4) La capacité à reconnaître merci dans remerciement dépend de la proximité de la langue de l'apprenant avec le français et de sa perception de la langue cible .


 
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