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Le multimédia s'impose
de plus en plus dans le contexte culturel de notre vie de tous les
jours. Il continue d'impressionner un bon nombre de réticents qui
objectent toujours le soi-disant hermétisme du monde informatique
pour déserter le terrain des nouvelles technologies. Problèmes de
représentations négativistes? crainte de s'investir dans un environnement
qu'on ne connaît pas suffisamment ? scepticisme vis-à-vis de l'idée
qui stipulerait que l'avenir de l'éducation dépend nécessairement
des NTIC? La liste des obstacles psychologiques est assez longue
pour que nous puissions la réduire à ces éléments.
Il s'agit là de quelques
appréhensions qui conditionnent cette drôle de relation qui lie
l'enseignant à l'informatique en général et au multimédia en particulier.
Il est vrai que le multimédia ne faisait pas partie de notre génération.
Nés dans la linéarité et la séquentialité livresque la plus absolue,
nous ne pensions pas qu'un concurrent de Gutenberg allait naître
un jour pour rendre l'impensable possible et plausible, car le texte
électronique ne pouvait relever, à une certaine époque,
que de la science fiction pure et simple.
L'informatique continua
à gagner du terrain, il commença par gérer des données, un jour
il décida de s'emparer du texte, nous continuâmes à penser que cela
ne concernait que les informaticiens. Un beau jour nous nous sommes
réveillés pour constater que l'image et le son ont rejoint le texte
dans la palette interactive de ce qu'on a commencé à nommer le multimédia.
Ce mot fit peur d'abord
aux novices, puis aux enseignants à qui nous avions dit: attention
le multimédia va devenir un outil éducatif comme un autre dont les
contenus seront à même d'offrir à l'élève les raccourcis nécessaires
pour mieux assimiler le savoir.
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l'inquiétude
battit son plein le jour où nous découvrîmes, dans notre hésitation,
que les élèves nous dépassaient de loin dans la manipulation techniques
des nouvelles technologies. les jeunes parlaient de "Tchatche",
de Mirc, de sites Web, de navigation sur internet,
d'un certain annuaire qui s'appellait Yahoo
et d'un certain moteur qui s'appellait Altavista.
Nous décidâmes
de nous y mettre et nous découvrîmes, que dans l'absence d'une
vraie implication de l'enseignant et de l'éducateur dans l'encadrement
pédagogique relatif à une bonne gestion des informations électronique,
le jeune ne saura jamais en tirer profit, et ceci pour la simple
raison que les nouvelles technologies continuerons à être
perçu comme un objet de curiosité où circulerait un nombre
incommensurable de données, qui ne seront jamais profitables pour
l'élève: si ses compétences culturelles ne sont pas
au niveau, si le sens de la synthèse et l'autonomie
est faible, si ses performances linguistiques sont
rudimentaires, si ses capacités critiques sont loin du niveau souhaité,
si...si...si...
Vous voyez bien que
l'enseignant n'a nullement le droit d'abandonner son élève à un
sort électronique qui, contrairement à ce que nous croyons, ne présentera
les avantages présuposés que si le pédagogue
s'en mêle.
Alors à vos
machines et démystifiez l'imposture d'un outil qui ne peut
fonctionner sans l'intelligence de votre âme.
Karim KARRAKCHOU
art_2000_ma@yahoo.fr
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