LE
CHANT DES HYENES
POEME I
LE CHANT DES HYENES
Quel chant écrire
Pour ces lèvres
Closes
Pour ces enfants
Donnés à une vie
Qu'ils n'ont pas eu
Le temps de vivre ?
Quel chant écrire
Pour ces villages
En berne
Pour ces tuiles rouges
Qui ont coulé à flots
Pour ces rangs
Sans nombre
Promis à la mort ?
Chant impuissance
Bras ballants
Devant cette nuit qui avance
Face à ces processions
Aux yeux braqués
Sur des jours vagues
Rêves
Tranches de vies
Que la hache sape.
Quel chant écrire ?
Quel poème
Peuvent chanter
Ces bouches
Traquées dans l'ombre
Ces regards figés
Ces doigts inertes ?
Le poème n'est pas
Les chants se tordent
Les rêves se bradent
Et au plafond du ciel
S'accrochent les cordes.
Les jardins n'ont plus d'yeux
Pour regarder le soleil…
C'est sans doute les hyènes
Qui rodent dans la ville.
POEME II
ALLER-RETOUR
Sur les chemins de l'exil
J'ai emporté
Dans ma valise
- à peine pleine -
Mes chansons préférées
Mes muses d'antan
Pour revivre dans mes nouveaux jours
Mes jours anciens.
Dans ma valise
-à peine pleine -
J'ai emporté les fleurs sauvages
De mes montagnes houleuses
Plantées au seuil de ma porte
Pour garder à portée de main
- Même vieillis -
mes innombrables défis.
Et dans le creux de ma main
J'ai gardé
Des cailloux des galets
De ma plage lointaine
Que j'ai semés au hasard
Des sentiers de ma vie
Pour retrouver dans la nuit
Le chemin du retour.
POEME III
DESSIN EXPRESSIF
Trace-moi
Sur cette page blanche
Qui me rappelle à toi
Le dessin qui te passe par la main
Qui apaisera ma soif
De toi
Et la rage de ma chair
Puis avec ta gomme
Entre tes petits doigts
Essuie les distances
Et redessine-toi
A moi
Que je puisse te toucher
Te humer
Que je puisse oublier les jours
Qui n'ont pas de sens
Le temps qui rampe
Et pour que s'incruste dans mes yeux
Ton enfance inouïe.
DALILA SI LARBI
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